Le minimum contributif (MICO) garantit une pension plancher aux retraités ayant cotisé toute leur carrière sur de faibles salaires. En 2026, il a été revalorisé de 1,18 % et concerne près d’un retraité du régime général sur trois.
Mis à jour : 15 avril 2026
Sources : Service-public.fr, CNAV, aide-sociale.fr
Vous avez travaillé toute votre vie, mais vos revenus modestes ont engendré une petite retraite ? Le minimum contributif, souvent appelé MICO, est fait pour vous. Contrairement au minimum vieillesse (ASPA), il récompense les assurés ayant cotisé même sur des salaires faibles en leur garantissant une pension plancher. En 2026, ce plancher atteint 903,93 € par mois pour une carrière complète. Et bonne nouvelle : il est versé automatiquement, sans aucune démarche de votre part.
Sommaire
- Qu’est-ce que le minimum contributif (MICO) ?
- Les montants en 2026 : MICO de base et majoré
- Qui peut en bénéficier ? Les 3 conditions
- Trimestres validés vs trimestres cotisés : la distinction clé
- Comment est calculé le MICO ? Exemples concrets
- Le plafond toutes pensions : 1 410,89 €
- MICO vs ASPA : quelles différences ?
- Démarches et vérification de ses droits
- Questions fréquentes (FAQ)
1. Qu’est-ce que le minimum contributif (MICO) ?
Le minimum contributif (ou MICO) est un dispositif de garantie de revenu intégré au calcul de la pension de retraite. Si la retraite de base d’un assuré, calculée selon la formule classique (salaire annuel moyen × taux × durée d’assurance), s’avère inférieure au plancher légal, la caisse de retraite relève automatiquement ce montant jusqu’au niveau du MICO.
Il concerne les assurés relevant du régime général (salariés du secteur privé, artisans, commerçants, professions libérales affiliées à la CNAV) et du régime agricole (MSA). Il ne s’applique qu’à la retraite de base : la retraite complémentaire Agirc-Arrco n’intègre aucun montant minimum garanti.
Réformé en profondeur par la loi retraite de 2023, le MICO est désormais indexé sur l’évolution du SMIC (et non plus uniquement sur l’inflation comme les pensions classiques). L’objectif affiché : garantir une pension représentant au moins 85 % du SMIC net pour une carrière complète. Entre 2020 et 2026, le MICO majoré a progressé de plus de 28 %, soit +201 € par mois.
Bon à savoir : Près d’un retraité du régime général sur trois bénéficie du minimum contributif. Si vous avez travaillé toute votre vie avec un salaire modeste, il y a de fortes chances que votre pension ait été automatiquement relevée au niveau du MICO sans que vous en ayez conscience.
2. Les montants du minimum contributif en 2026 : MICO de base et majoré
Au 1er janvier 2026, le MICO a été revalorisé de +1,18 % (contre +0,9 % pour les pensions classiques), conformément à son indexation sur le SMIC. Il existe deux niveaux :
- MICO de base : taux plein obtenu, moins de 120 trimestres cotisés, montant mensuel brut fixé à 756,29 € et montant annuel brut fixé à 9 075,50 €.
- MICO majoré : taux plein obtenu + au moins 120 trimestres cotisés, montant mensuel brut fixé à 903,93 € et montant annuel brut fixé à 10 847,22 €.
Ces montants sont des planchers : si votre pension calculée au titre de votre carrière est supérieure à ces seuils, le MICO ne s’applique pas. Il n’apporte un complément que lorsque votre pension de base calculée est inférieure au niveau garanti.
Le plafond total de l’ensemble de vos pensions (base + complémentaire, tous régimes) ne peut dépasser 1 410,89 € par mois après application du MICO. Au-delà, le complément est réduit en proportion.
Revalorisation 2026 : Le MICO est revalorisé selon l’évolution du SMIC, ce qui lui assure une progression souvent plus favorable que l’inflation. En 2026, la hausse est de +1,18 %, soit environ +10 €/mois supplémentaires par rapport à 2025 pour le MICO majoré.
3. Qui peut bénéficier du MICO ? Les 3 conditions cumulatives
Pour bénéficier du minimum contributif, trois conditions doivent être réunies simultanément :
Condition 1 : avoir liquidé toutes ses retraites de base
Vous devez avoir demandé la liquidation de l’ensemble de vos pensions de retraite de base dans tous les régimes où vous avez cotisé (régime général, MSA, RSI, régimes spéciaux…). Il n’est pas possible de bénéficier du MICO en liquidant partiellement ses droits.
Si vous avez cotisé à plusieurs régimes (ex. : salarié du privé puis artisan), une seule demande auprès de votre caisse principale suffit. Elle coordonnera automatiquement avec les autres régimes.
Condition 2 : bénéficier du taux plein
Vous devez partir à la retraite au taux plein, ce qui s’obtient de deux façons :
- Par la durée d’assurance : avoir validé le nombre de trimestres requis pour votre génération (entre 166 et 172 trimestres selon l’année de naissance)
- Par l’âge : avoir atteint 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres validés — le taux plein est alors automatique
- Par situation particulière : inaptitude au travail, invalidité, reconnaissance de travailleur handicapé
Condition 3 : ne pas dépasser le plafond toutes pensions
Le total de vos pensions personnelles — retraite de base + retraite complémentaire (Agirc-Arrco), tous régimes français et étrangers confondus — ne doit pas dépasser 1 410,89 € bruts par mois en 2026 après application du MICO. Si ce plafond est dépassé, le complément est réduit en proportion.
Attention aux revenus locatifs et aux placements : Contrairement à l’ASPA, le plafond du MICO ne porte que sur vos pensions de retraite (base + complémentaire), et non sur l’ensemble de vos ressources. Vos revenus fonciers, dividendes ou épargne n’entrent pas en ligne de compte.
4. Trimestres validés vs trimestres cotisés : la distinction clé
Pour comprendre le MICO, il est indispensable de maîtriser la différence entre deux notions :
- Trimestres validés :
Périodes de travail + périodes assimilées (chômage, maladie, maternité, service militaire…)
-> Servent au calcul du taux plein et de la durée d’assurance - Trimestres cotisés :
Uniquement les périodes ayant donné lieu à des cotisations effectives sur un salaire
-> Déterminent l’accès au MICO majoré (seuil : 120 trimestres)
Autrement dit : un assuré peut avoir validé 170 trimestres (taux plein) mais n’en avoir cotisé que 110 (plusieurs années de chômage non cotisant, par exemple). Dans ce cas, il bénéficie du MICO de base (756,29 €), pas du MICO majoré.
Vérifiez votre relevé de carrière !
Des trimestres oubliés ou mal enregistrés peuvent réduire votre MICO. Consultez votre relevé sur lassuranceretraite.fr au moins 6 mois avant votre départ en retraite pour identifier et corriger d’éventuelles erreurs. Chaque trimestre cotisé oublié peut coûter plusieurs centaines d’euros par an.
5. Comment est calculé le MICO ? Trois exemples concrets
Le calcul du MICO dépend de votre situation au moment du départ en retraite. Voici les trois cas de figure et des exemples chiffrés pour chacun :
Cas 1 : Taux plein avec tous les trimestres cotisés (≥ 120)
Vous bénéficiez du MICO majoré à 903,93 €/mois, dans la limite du plafond de 1 410,89 € toutes pensions.
Exemple :
Sophie, 62 ans, 140 trimestres cotisés sur 170 validés
Pension de base calculée selon sa carrière : 650 €/mois
Retraite complémentaire Agirc-Arrco : 200 €/mois
Total avant MICO : 850 €/mois — inférieur au plafond de 1 410,89 €
MICO majoré applicable : 903,93 € (pension de base relevée de 650 à 903,93 €)
Pension totale finale : 903,93 + 200 = 1 103,93 €/mois
Cas 2 : Taux plein avec moins de 120 trimestres cotisés
Vous bénéficiez du MICO de base (756,29 €/mois). Si vous avez entre 0 et 120 trimestres cotisés, une majoration proportionnelle s’applique entre 756,29 € et 903,93 €.
Exemple de calcul proportionnel
128 trimestres cotisés sur 162 validés
Majoration possible : 903,93 – 756,29 = 147,64 €
Prorata : 147,64 × (128 / 162) = 116,65 €
MICO applicable : 756,29 + 116,65 = 872,94 €/mois
Cas 3 : Taux plein à 67 ans sans avoir tous les trimestres
Le MICO de base s’applique, mais il est réduit au prorata des trimestres validés par rapport aux trimestres exigés pour le taux plein à l’âge légal.
Exemple
Né en 1959, départ à 67 ans, 140 trimestres cotisés sur 167 exigés
MICO de base maximum : 756,29 €
Prorata : 756,29 × (140 / 167) = 634,02 €
MICO applicable : 634,02 €/mois
6. Le plafond toutes pensions : 1 410,89 € en 2026
C’est la règle la plus importante à retenir : après application du MICO, le total de toutes vos pensions personnelles (retraite de base + retraite complémentaire, tous régimes, y compris étrangers) ne peut pas dépasser 1 410,89 € bruts par mois. Si ce plafond est atteint, le MICO est réduit en proportion.
Exemple
Marc, pension de base faible mais complémentaire élevée
Pension de base calculée : 650 €/mois (inférieure au MICO de base de 756,29 €)
Retraite complémentaire Agirc-Arrco : 750 €/mois
Total avant MICO : 1 400 €/mois
MICO théorique : 756,29 – 650 = 106,29 € (car 1 400 + 106,29 = 1 506,29 dépasse le plafond)
MICO réel versé : 1 410,89 – 1 400 = 10,89 €/mois seulement
Ce plafond est révisé chaque année en même temps que le SMIC. En 2025, il était de 1 394,86 € ; il est passé à 1 410,89 € au 1er janvier 2026.
Les revenus locatifs, dividendes, intérêts ou autres revenus du patrimoine ne sont pas pris en compte dans ce plafond. Seules vos pensions de retraite personnelles entrent en ligne de compte.
7. MICO vs ASPA : quelles différences ?
Ces deux dispositifs visent tous les deux à garantir un revenu minimum aux retraités modestes, mais ils s’adressent à des profils très différents et fonctionnent de manière distincte. Voici un comparatif complet :
Minimum contributif (MICO) (découvrez notre article complet ici)
Pour ceux qui ont cotisé :
- Réservé aux assurés ayant cotisé au régime général ou MSA
- Nécessite le taux plein à la retraite
- Montant : 756,29 € ou 903,93 €/mois
- Versé automatiquement — aucune demande requise
- Plafond : 1 410,89 € toutes pensions
- Non récupérable sur la succession
- Non imposable
- Cumulable avec l’APA, la CSS, le chèque énergie
ASPA (minimum vieillesse)
Pour ceux qui ont peu ou pas cotisé :
- Accessible même sans carrière cotisée (filet de sécurité universel)
- Conditions : 65 ans, résidence en France, ressources faibles
- Montant : jusqu’à 1 043,59 €/mois (personne seule)
- Demande obligatoire — non automatique
- Plafond basé sur l’ensemble des ressources du foyer
- Récupérable sur la succession (au-delà de 108 586 €)
- Non imposable
- Cumulable avec l’APA, la CSS, le chèque énergie
En résumé : Si vous avez travaillé et cotisé au régime général, le MICO est votre premier filet de sécurité et s’applique automatiquement. Si votre carrière est courte, inexistante ou si vos revenus totaux restent insuffisants malgré le MICO, l’ASPA peut venir en complément — sous réserve d’en faire la demande.
8. Démarches et vérification de ses droits au MICO
Le minimum contributif est attribué automatiquement par votre caisse de retraite lors de la liquidation de vos droits, sans aucune démarche spécifique de votre part. Cependant, plusieurs actions préventives sont fortement conseillées pour ne pas passer à côté :
- Consultez votre relevé de carrière :
Connectez-vous sur lassuranceretraite.fr avec votre identifiant France Connect. Vérifiez chaque trimestre validé et cotisé. En cas d’oubli ou d’erreur (stages, petits boulots, périodes à l’étranger), signalez-le à votre caisse au moins 6 mois avant votre départ. - Faites une simulation de votre retraite :
Utilisez le simulateur officiel info-retraite.frpour estimer le montant de votre future pension et vérifier si le MICO s’appliquera à votre situation. La simulation prend en compte l’ensemble de vos régimes. - Demandez la liquidation de toutes vos retraites :
Lors de votre départ, pensez à liquider vos droits dans tous les régimes où vous avez cotisé. Si vous oubliez un régime, la condition de liquidation complète ne sera pas remplie et le MICO ne pourra pas s’appliquer. - Vérifiez votre premier bulletin de pension :
À réception de votre première pension, contrôlez que le MICO a bien été appliqué. Si vous pensez y avoir droit mais qu’il ne figure pas, contactez votre caisse de retraite pour déposer une réclamation. - Déposez une réclamation si nécessaire :
Si vous êtes déjà retraité et suspectez que le MICO n’a pas été correctement appliqué, vous pouvez adresser une réclamation à votre caisse d’assurance retraite (Carsat, CNAV) à tout moment. Un rappel peut être versé.
Le MICO est non récupérable sur succession : Contrairement à l’ASPA, les sommes perçues au titre du minimum contributif ne sont jamais réclamées à vos héritiers après votre décès. Aucune crainte de ce côté-là.
9. Questions fréquentes sur le minimum contributif en 2026
Le minimum contributif est-il versé automatiquement ?
Oui. Contrairement à l’ASPA, le MICO est attribué automatiquement par votre caisse de retraite lors de la liquidation de vos droits, sans aucune démarche de votre part. Si vous pensez y avoir droit mais ne le percevez pas, contactez votre caisse pour une vérification.
Peut-on cumuler le MICO et l’ASPA ?
Non, pas directement. Le MICO s’applique à la pension de base pour la porter à un niveau minimum. Si après application du MICO et de la retraite complémentaire, vos revenus totaux restent inférieurs au plafond de l’ASPA (1 043,59 € pour une personne seule), vous pouvez alors demander l’ASPA en complément. Les deux dispositifs visent des situations différentes mais peuvent se combiner dans certains cas rares.
Le minimum contributif est-il imposable ?
Oui, le MICO est soumis à l’impôt sur le revenu, comme une pension de retraite classique. Il bénéficie cependant de l’abattement de 10 % applicable à toutes les pensions (plafonné à 4 399 € par foyer fiscal en 2026). Si vos revenus restent faibles, vous pouvez néanmoins être exonéré d’impôt grâce à votre situation globale.
Le MICO s’applique-t-il aux fonctionnaires ?
Non. Les fonctionnaires titulaires bénéficient d’un dispositif équivalent appelé le « minimum garanti », géré par la CNRACL (collectivités territoriales et hospitaliers) ou le SRE (État). Son fonctionnement est différent du MICO et ses montants varient selon les règles propres à la fonction publique.
Que se passe-t-il si je pars à la retraite avant le taux plein ?
Si vous partez en retraite avec une décote (avant d’avoir le nombre de trimestres requis et avant 67 ans), vous ne bénéficiez pas du taux plein et donc pas du minimum contributif. Il est donc conseillé d’attendre soit d’avoir accumulé tous vos trimestres, soit d’avoir atteint l’âge de 67 ans pour bénéficier du taux plein automatique et donc du MICO.
Le MICO est-il récupérable sur la succession ?
Non, jamais. C’est l’une des différences fondamentales avec l’ASPA. Les sommes perçues au titre du minimum contributif ne sont jamais réclamées à vos héritiers. Vous pouvez donc percevoir le MICO sereinement, sans crainte d’impact sur votre succession.
Quel simulateur utiliser pour estimer son minimum contributif ?
Le simulateur officiel info-retraite.fr (M@rel) permet d’estimer votre future pension, y compris le MICO, en tenant compte de l’ensemble de vos régimes. Il est gratuit, accessible avec France Connect et donne une estimation fiable à partir de votre relevé de carrière réel.





